Commentaires sur Non loin de Tombouctou

    texte Retine Natine

    Bleu…Laisse flotter ta pirogue, malgré la besogne. Lève la tête vers cette lune protectrice qui amène l’abondance de ton panier…

    Les autres dorment pendant que je travaille, je veille sur leur sommeil au gré de mon bateau…Vais-je avoir assez de nourriture pour ma famille ?

    Qu’il est doux malgré la charge d’être encore debout et vaillant… La vie me donne le bleu et la beauté de ce paysage… Je regarde Madame La Lune qui scintille sur cette mer d’huile…Elle sera toujours là, même sans nous…

    La vie continuera et dans le sillage, je laisse ma trace : se rappelleront-ils de moi ? Que vont-ils devenir si je ne suis plus là ? La nuit tous les chats sont gris… Ma pensée se grise, mes soucis se noircissent…

    Il faut que je me laisse flotter dans cette nuit bleue…que je donne repos à mon cœur et mon âme si fatigués…La vie est belle malgré le noir, la beauté des instants présents et le jour va de nouveau pointer le bout de son nez… Je serai là pour vous, pour eux, pour moi…

    Je divague, je flâne, la barque m’apaise, libère mon corps, me porte…

    Bleu… Violet… Blanc… Noir… Bleu… Violet… Blanc… Bleu… Violet… Bleu : dans tes yeux je me sens heureuse… Merci la nuit, la lune, la mer d’huile ou démontée… Chaque instant du jour ou de la nuit, je me construis petit à petit… Malgré les tempêtes et les intempéries…

    Barque file… il faut désormais rentrer se reposer… Aimer…
    Homme violet… Merci pour le paysage… du partage de la charge… Nos vies lourdes parfois… se réunissent pour une nuit… alléger nos peines… Merci la Vie.


    Retine Natine, Secrétaire Médicale, Bretagne

    Posté par Retine Natine, 15 juin 2011 à 12:45 | | Répondre
  • texte Laetitia Derkenne

    L’homme sous la lune.

    La lune, comme un visage, regarde l’homme qui rame. Il rame au clair de lune, il chante joyeux de rentrer chez lui. Il revient d’un long périple.
    Parti au loin avec la question du sens de sa vie, il a fait de belles et riches rencontres mais a-t-il trouvé la réponse ?
    Il a fait le tour de la mer méditerranée depuis son pays, il a rencontré d’autres cultures, il rentre riche de ses relations, il est heureux d’avoir fait cela même s’il sait que ça a été dur pour les siens qui l’attendent.
    En effet il est parti seul, il était dans une grande recherche, elle le prenait tant qu’il n’était plus disponible pour ses proches. Après une longue discussion avec sa femme, ils ont décidé qu’il partirait pour un mois. Sa femme pleurait, elle savait bien les dangers de cette expérience pour elle, seule avec ses enfants et pour lui, les rencontres, les dangers du voyage…
    Pourtant ils avaient fait le pari que cette expérience pourrait les construire l’un et l’autre pour se retrouver plus fort et plus heureux ensemble, c’est ce qu’ils espéraient. Il était parti pour chercher un sens à sa vie. Il avait trouvé l’expérience des autres, mais lui, qu’est ce qui le faisait vivre ??
    Cet homme repense donc à tout cela en rentrant enfin chez lui, il se demandait quelle était la réponse à sa question de départ. Il se sentait si joyeux, qu’il se dit que c’était sa réponse. Le sens de sa vie il l’a trouvé dans l’amour des siens, de sa femme et de ses enfants qui l’attendent. Il se réjouissait déjà de les revoir tous et chacun en particulier !
    Finalement cette question qui l’avait tant remuée et envahie trouve sa réponse dans ses proches, l’amour partagé avec eux dans la joie !
    Il est déjà tard et c’est l’été, l’air est encore chaud, il pressent que les siens seront encore debout et c’est le cas. Il amarre son bateau et un voisin qui regardait vers la mer, le voit et pousse un cri de joie !
    Alors toute sa famille accourt et les enfants se jettent dans ses bras ! Sa femme a un beau sourire et semble avoir réussi l’épreuve du temps et elle est heureuse de retrouver son homme. C’est la fête dans cette famille. Il raconte son voyage avec passion, ses enfants sont tout à l’écoute, ses fils veulent faire la même chose quand ils seront grands quand aux filles, l’une voulait écrire ce récit et l’autre peindre l’ambiance que lui décrit son père.
    Après plusieurs heures d’émotion intense, il est tant d’aller se coucher même si aucun n’en a vraiment envi à part le couple, ils ont hâte de se retrouver seul dans l’intimité de leur chambre. Ils passèrent une belle nuit de retrouvaille, et ils savourèrent chaque instant partagé comme un trésor.

    Laetitia Derkenne, Secrétaire dans l’association Les Enfants du Beau, Paris

    Posté par Laetitia Derkenn, 15 juin 2011 à 12:46 | | Répondre
  • texte elliptman

    Etrange voyage...la pirogue des songes...à l'aube d'un crépuscule naissant; A la frontière de l'ombre et de la lumière, ce court instant suspend le temps; Il est propice à la méditation, à la régénération, à la transformation...Ce crépuscule induit notre humanité à entrer en relation avec notre part d'animalité, afin que nos instincts se libèrent de leurs poids et nous libèrent de toutes nos tensions, nos doutes, nos poisons.
    Cette pirogue sur l'eau, c'est le réceptacle de nos émotions portées par la force magnétique de cette lumière d'entre deux mondes...de l'heure des loups.

    Posté par Elliptman, 29 juin 2011 à 11:15 | | Répondre
  • Texte FYS

    Voila une photo qui m'a fait croire qu'on pouvait deviner l'heure d'après la position de la lune... mais à bien y regarder, il regarde droit devant et a une montre ! Mon interprétation est bien... lunatique !

    FYS, constructeur et vagabond

    Posté par Durruty, 09 avril 2013 à 22:30 | | Répondre
  • Texte Danièle Courvoisier Boisson

    L’écorce liquide de la terre se gonfle.
    Le gris sombre de l’eau et du ciel s’éclaire, le soleil irrigue d une clarté laiteuse un ovale irisé de lumière douce et liquide. L’horizon fuit sur un au delà de sable ou de sel.
    Un soleil voilé vient baigner sa lumière, et des gouttelettes incandescentes comme de fines étoiles - horizon vertical- se posent au regard du nomade qui passe. Passeur, pécheur ou pasteur? Il avance, glissant immobile, penché sur sa rame comme une crosse de berger.
    Désert liquide, ondes figées, le vêtement ample ondule au vent.
    Vers quoi avance t il ? Religion, religere, relier ciel et mer, terre et espace, hommes et dieux ?

    Danièle Courvoisier Boisson, Londres

    Posté par Danièle Courvois, 10 avril 2013 à 22:48 | | Répondre
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