Commentaires sur Fiction, le décor

    Toits de Paris en lumière de nuit (Haiku)

    Nuit de zinc le calme respire
    Je scrute j'observe j'écoute
    Un orgasme sans doute

    Tchelinka Holly, peintre, écrivain

    Posté par Catherine Gaudin, 15 juin 2011 à 12:33 | | Répondre
  • texte Gilda Fiermonte

    Elle vient de recevoir le message qu'il ne fallait pas, celui qui dit la fin d'un amour. Celui du bien-aimé éloigné, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, dans la vie on ne choisit pas, ou pas tout, ou si peu, et qui avoue "J'ai rencontré quelqu'un", signant la fin d'espoir d'une vie commune - quand le travail le permettrait -, et celle des week-ends tendres, heureux (croyait-elle), et coquins.
    L'hiver n'est pas fini et il fait encore froid mais elle ouvre la fenêtre. Il n'avait pas été amoureux au point de quitter sa ville et son travail, se montrait parfois distrait dans son désir, elle devait s'attendre à une telle fin.
    Elle étouffe néanmoins. La solitude vient l'enserrer comme un pire rapace. Les autres humains semblent loin. Absents. Fenêtres éteintes sur leurs sommeils ou leurs étreintes. Seuls deux voisins veillent. La fenêtre de toit reste éclairée tard, elle l'a déjà noté. Mais on n'y voit jamais personne. Quelqu'un qui doit sans doute étudier. L'autre moins qui est ouverte. Elle sait qu'un des habitants fume, que c'est sans doute pour ça. En cet instant elle donnerait n'importe quoi pour qu'il sorte, qu'ils puissent se saluer, peut-être se héler. Elle aurait besoin de bras pour la tenir, d'un homme qui qu'il soit, qui lui dirait que ça va aller, et de ne pas pleurer, ce qu'elle ne ferait pas. Elle aurait besoin mais il n'y a personne, et aucun son ne lui parvient que les rares passages dans la rue. Elle restera immobile, oubliant ce qu'elle attendait, dans un sommeil qui n'en est pas.
    Plus tard, le noir se fera. L'attente aura trompé le pire. La ville même vide apporte (parfois) ce secours-là.

    Gilda Fiermonte, blogueuse, Clichy la Garenne, île de France

    Posté par Gilda Fiermonte, 15 juin 2011 à 12:33 | | Répondre
  • texte Estelle Grunberger

    Elle vient de rentrer du travail. La lumière s'est allumée, et moi, j'attends le cœur battant. Je la devine à travers les rideaux de son appartement. Sa silhouette va et vient, d'une pièce à l'autre, jetant son sac d'un côté, sa veste de l'autre. Elle caresse sa nuque. Elle est lasse bien sûr, la journée a été longue. Doucement elle se déshabille, s'effeuille, ... je ne vois rien, mais j'imagine. Je ferme les yeux pour la poursuivre sous la douche ou dans son bain. Elle chasse avec l'eau, les pensées qu'elle a ramenées avec elle. Ca y est, elle réapparaît. Elle s'assoit sur le lit. Enfile un pyjama, attache maladroitement un chignon. Elle disparaît, revient en dansant. Je la vois se déhancher. Elle ignore que je suis là, que je l'attends. A son signal, à son appel, je la rejoindrai comme tous les soirs. Elle ouvrira sa fenêtre, me caressera. Elle m'invitera à souper. Puis elle ira se coucher. Moi je me blottirai contre elle, partageant sa chaleur. Elle caressera mon épaisse fourrure grise et tigrée tandis que je ronronnerai mon plaisir d'être tout à elle...

    Estelle Grunberger, Blasimon, Gironde 

    Posté par Estelle Grunberg, 15 juin 2011 à 12:34 | | Répondre
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